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4 analyses réalisées par Covoiturage.beta.gouv.fr pour éclairer les stratégies de covoiturage des collectivités

Publié le 29/06/2026

Pourquoi ces analyses ?

Au cours des derniers mois, l'équipe de Covoiturage.beta.gouv.fr a conduit plusieurs analyses de données afin d'apporter des éléments de réponse à des questions que se posent régulièrement les collectivités dans la mise en œuvre de leurs politiques de covoiturage.

Réalisées à partir des données anonymisées collectées par le Registre de preuve de covoiturage et de retours d'expérience de territoires engagés, ces analyses permettent de mieux comprendre les effets des dispositifs d'incitation, les facteurs de réussite des campagnes et les conditions de développement d'une pratique durable.

Elles n'ont pas vocation à fournir des recettes universelles, mais à partager des enseignements, des points de vigilance et des pistes de réflexion pour aider les Autorités Organisatrices de la Mobilité (AOM) à concevoir des politiques publiques plus efficaces.

Les quatre analyses présentées répondent aux questions suivantes :

  • Les incitations financières changent-elles réellement les comportements ?
  • Quels sont les facteurs de réussite du covoiturage domicile-travail ?
  • Le covoiturage concurrence-t-il les transports collectifs ?
  • Comment installer durablement les usages après les premières aides ?

Analyse n°1 - Les incitations financières influencent-elles les usages ?

Retour d'expérience : Pôle métropolitain du Genevois français

En avril 2025, le Pôle métropolitain du Genevois français a fait évoluer sa grille tarifaire en réduisant les incitations accordées sur les trajets interterritoriaux (au départ ou à destination du territoire). Cette évolution s'est traduite par une augmentation de la contribution des passagers et offre un retour d'expérience précieux pour comprendre l'impact des incitations financières sur les comportements.

Ce qu'il faut retenir

L'analyse montre que les montants d'incitation influencent fortement les usages. Après la réforme, les trajets réalisés à l'intérieur du territoire représentent une part plus importante des déplacements, tandis que les distances moyennes diminuent. Parallèlement, la participation financière des passagers augmente et les revenus par kilomètre des conducteurs s'améliorent légèrement, contribuant à un modèle économique plus équilibré.

En revanche, la dynamique d'acquisition de nouveaux utilisateurs ralentit et les abandons restent importants dès les premières semaines. Les données mettent également en évidence une forte baisse des trajets intermédiés lorsque les conducteurs atteignent le plafond d'aide.

Enseignement principal

Les incitations financières permettent d'orienter les usages et d'améliorer l'efficience budgétaire d'un dispositif. En revanche, une partie des utilisateurs reste fortement dépendante des aides financières, ce qui pose la question de la pérennité des pratiques une fois les incitations réduites ou supprimées.

Question ouverte

Les données ne permettent pas encore de savoir ce que deviennent les conducteurs qui quittent les plateformes : arrêt du covoiturage, pratique informelle ou report vers un autre mode de déplacement ?

📄 Analyse complète (PDF)

Analyse n°2 - Quels sont les leviers du covoiturage domicile-travail ?

Retour d'expérience : Pays Basque-Adour

Le covoiturage domicile-travail représente près de 90 % des trajets observés sur le territoire Pays Basque-Adour. Cette analyse cherche à identifier les conditions qui favorisent son développement et les territoires où son potentiel est le plus important.

Ce qu'il faut retenir

Les résultats montrent que les performances sont très variables selon les secteurs. Les meilleurs résultats sont observés sur les axes les plus congestionnés, où le coût de l'autosolisme est élevé et où les employeurs sont fortement mobilisés.

Les entreprises apparaissent comme un levier majeur : les conducteurs travaillant dans des structures engagées réalisent davantage de trajets et covoiturent plus régulièrement. À l'inverse, les trajets urbains courts ou les territoires peu denses obtiennent des résultats plus limités lorsqu'ils ne bénéficient pas d'un accompagnement spécifique.

Aujourd'hui, seuls 5 % des actifs utilisent le covoiturage intermédié sur le territoire, ce qui montre que le potentiel de développement reste important.

Enseignement principal

Les campagnes sont les plus efficaces lorsqu'elles ciblent les axes où le report modal est le plus crédible et qu'elles s'appuient sur les employeurs comme relais de mobilisation.

📄 Analyse complète (PDF)

Analyse n°3 - Le covoiturage concurrence-t-il les transports collectifs ?

Retour d'expérience : Île-de-France Mobilités

Le développement du covoiturage soulève régulièrement une interrogation : risque-t-il de détourner des voyageurs des transports collectifs ? Cette analyse apporte des éléments objectifs pour éclairer cette question.

Ce qu'il faut retenir

Les résultats montrent que la concurrence avec les transports collectifs structurants reste très limitée. Seuls 7,7 % des trajets sont réalisés entre deux points situés à moins d'un kilomètre d'une gare et, parmi eux, seule une partie bénéficie d'une alternative en transport collectif réellement compétitive.

Au total, les trajets susceptibles d'être en concurrence avec les transports collectifs représentent environ 3 % des trajets, soit moins de 3 % du budget consacré aux incitations.

L'analyse montre ainsi que le covoiturage joue principalement un rôle complémentaire : il dessert des secteurs moins bien couverts, facilite les premiers et derniers kilomètres et constitue une solution utile lors de perturbations du réseau.

Enseignement principal

Le covoiturage apparaît davantage comme un complément aux transports collectifs qu'un concurrent. Les collectivités disposent néanmoins de leviers de régulation, notamment grâce au ciblage territorial, aux zones d'exclusion ou à la modulation des aides lorsque cela apparaît nécessaire.

📄 Analyse complète (PDF)

Analyse n°4 - Comment pérenniser les usages dans le temps ?

Retour d'expérience : Pays Basque-Adour

Déclencher un premier trajet constitue une première étape. Installer durablement le covoiturage dans les habitudes de déplacement en est une autre. Cette analyse compare les résultats obtenus selon la durée des campagnes d'incitation.

Ce qu'il faut retenir

Les territoires ayant mené des campagnes longues obtiennent des résultats nettement supérieurs à ceux ayant mis en place des dispositifs ponctuels. Les usages progressent progressivement durant les premiers mois avant de se stabiliser après environ un an.

Après la fin des Certificats d'Économies d'Énergie (CEE), les territoires ayant conduit des campagnes de longue durée enregistrent encore 392 trajets pour 10 000 habitants, contre 56 trajets pour 10 000 habitants sur les territoires sans incitation, soit un niveau d'usage jusqu'à sept fois supérieur.

La stabilité des règles, la visibilité des aides et l'implication des employeurs apparaissent comme des facteurs favorisant cette dynamique.

Enseignement principal

Le véritable enjeu ne consiste plus seulement à déclencher un premier trajet, mais à transformer progressivement une pratique soutenue financièrement en une habitude de mobilité durable. Cette transition suppose d'anticiper l'après-incitation et de réduire progressivement la dépendance aux aides.

📄 Analyse complète (PDF)

Pour aller plus loin

Ces analyses ont été présentées lors d'un Club Collectivités réunissant des Autorités Organisatrices de la Mobilité autour des enseignements tirés des données de Covoiturage.beta.gouv.fr.

Le support de présentation synthétise les principaux résultats des quatre analyses et les échanges entre collectivités.

📄 Support du Club Collectivités (PDF)